EDITO

Saison 2011-2012

Notre saison 2011-12 se joue en deux parties : automne et printemps. Toutes deux débutent à l’été 2011, à Aix-en-Provence où se crée Thanks to my eyes, à Saint-Quentin-en-Yvelines où se répète Ring Saga.

L’aboutissement de la commande passée à Oscar Bianchi et Joël Pommerat – c’est, pour l’un et l’autre, leur première expérience « lyrique » -, autant que la création d’un spectacle-festival réunissant en tournée les quatre opéras du Ring de Wagner dans la version – restée à ce jour inédite en France – de Jonathan Dove et Graham Vick, illustrent mieux que n’importe quel propos le travail considérable accompli ces derniers mois (pour ne pas dire ces dernières années), par l’équipe de T&M. Depuis que nous les avons initiés, ces deux événements nous ont mobilisé de façon continue, jusqu’à leurs réalisations prochaines qui rassemblent plus d’une vingtaine de partenaires.

Parmi eux bien sûr les Théâtres de Gennevilliers et de Saint-Quentin-en-Yvelines, avec lesquels T&M mène – respectivement depuis 2007 et 2006 – une activité régulière et « implantée », mais aussi un réseau engagé autour de ces spectacles, qui se renouvelle et se développe au gré des saisons. Thanks to my eyes comme Ring Saga résultent ainsi de choix artistiques et de décisions où le temps et la dimension européenne – celle-ci largement soutenue par l’action du Réseau Varèse – prennent une importance particulière. Le rêve et l’exceptionnel aussi.

Avec Ring Saga, nous questionnons l’œuvre fondatrice du théâtre musical moderne et les conditions de représentation de l’art lyrique. Avec Thanks to my eyes, deux écritures contemporaines sont simultanément en jeu. Ces deux projets résument quelque part l’histoire élaborée depuis plus de dix ans, dans le prolongement de l’Atem implanté au Théâtre Nanterre-Amandiers, et les compositeurs et metteurs en scène complètent une liste éloquente : Donatoni, Pesson, Dusapin, Goebbels, Sarhan, Lorenzo, Dillon, Kurtág, Mitterer, Gervasoni... Wilms, Fisbach, Rambert, Lagarde...

Je regretterai simplement ici que ces deux projets, comme l’activité à venir de T&M, soient fragilisés par l’érosion certaine (et critique) du soutien du Ministère de la Culture (DRAC Ile-de-France), au nom de principes administratifs dans lesquels ces projets auront toujours du mal à se glisser.

A. G. (juin 2011)
 
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