ARGUMENT

RING SAGA (2011)


En 1990, le dramaturge Graham Vick – fondateur du City of Birmingham Touring Opera - et le compositeur Jonathan Dove, réalisent une adaptation du fameux Anneau du Nibelung de Richard Wagner. Tout en conservant la dimension exceptionnelle de l’ouvrage, deux décisions essentielles président à l’établissement de leur version : la réduction de la durée à une dizaine d’heures (soit environ un tiers de moins que l’original) et son orchestration pour un ensemble de dix-huit musiciens (le petit orchestre, que Wagner employa – à peu de chose près – pour son Siegfried Idyll de 1870).

Cette version, succès critique et public tant pour ses choix dramaturgiques que pour sa réalisation musicale (Prudential Award 1990), est restée inédite en France, comme ailleurs en Europe continentale. Elle présente de multiples attraits pour qui s’intéresse à la Tétralogie de manière originale : le respect du « texte » et de ses proportions (les choix opérés ne pénalisant jamais le principe narratif), le parti-pris chambriste (convenant en réalité à la nature théâtrale de l’ouvrage), la liberté inhérente à une version qui permet de rompre utilement avec des dogmes trop établis, comme en témoigne l’édition récente (chez Eulenburg) du ‘Urtext’, annoté par Wagner lors de la création à Bayreuth en 1876.

Dans cette nouvelle production de Ring Saga, une autre ambition affleure, celle de mesurer l’ouvrage aux repères contemporains. Le spectacle reprend ici l’idée du festival cher à Wagner - les quatre opéras étant donnés en un week-end, du vendredi soir au dimanche, pour créer la plus grande continuité possible et la meilleure compréhension des enjeux – ; il aspire aussi à retrouver, avec les outils d’aujourd’hui, l’esprit utopique grâce auquel Wagner réussit à construire le Ring, sur plus d’un quart de siècle.

« J’ai envie de retrouver un esprit de troupe, ce que favorise le fait de pouvoir jouer toute cette histoire en un week-end. Je souhaite que ce qui va se produire sur le plateau soit aussi le résultat d’un travail en commun. En montant ce projet, on a tous le désir de créer un moment un peu particulier pour le public qui va nous accompagner. Il n’est pas ordinaire de mobiliser des spectateurs tout un week-end. J’aime l’idée qu’on traverse cette histoire dans un temps extrêmement court. C’est retrouver le projet wagnérien initial d’un moment particulier d’écoute et d’une communauté. L’idée est de redonner du sens, de partager cette idée de festival. »
Antoine Gindt

« La transcription de Jonathan Dove et de Graham Vick nous offre le chance d’avoir un autre point de vue sur l’œuvre de Wagner. Toute transcription vous oblige à un changement de perspective. C’est une interprétation en soi, puisque son auteur doit prendre des décisions et faire des choix. Elles peuvent donc entraîner un sentiment de perte par rapport à l’œuvre originale. Mais elles vous donnent toujours aussi la chance de pouvoir concentrer votre regard, comme si vous regardiez à travers un microscope. Vous êtes plus près. Cette version de Dove et Vick permet un dialogue plus intime entre l’orchestre et les chanteurs. Et les spec- tateurs sont alors au cœur du drame. »
Peter Rundel
 
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